Du 5 février au 23 mai 2026, la galerie 3.1 présente Au moment voulu, une exposition collective réunissant Ekaterina Bunits, Pierre Fauret et Gilivanka Kedzior. Plus qu’un simple accrochage, le projet s’impose comme une expérience évolutive où les œuvres et l’espace d’exposition se transforment au fil du temps, au contact du public.

Pensée comme un dispositif en mouvement, cette exposition d’art contemporain interroge les formes traditionnelles de présentation. Ici, rien n’est figé. Les œuvres évoluent, se modifient, se déplacent parfois, au rythme de rencontres performatives programmées ou surgissant de manière inattendue. Une manière d’inviter les visiteurs à revenir, à comparer, à observer autrement.

Crédit : Aurélien Ferreira / CD31

Avec Au moment voulu, la galerie 3.1 propose une réflexion sur le processus de création et sur la temporalité de l’art. Le titre fait écho au roman de Maurice Blanchot paru en 1951, tout en convoquant l’idée d’attente, de seuil et d’expérience sensible. Le projet dialogue également, en filigrane, avec l’exposition historique When Attitudes Become Form conçue en 1969 par Harald Szeemann, qui plaçait le geste artistique et l’attitude au cœur du dispositif curatorial.

Dans cet esprit, l’exposition se construit dans la durée. Sept rencontres performatives viennent rythmer les mois d’ouverture, permettant aux artistes d’intervenir directement sur leurs œuvres et sur l’espace. Le public devient alors témoin d’un processus en train de se faire, observant la transformation progressive des formes et des récits.

Crédit : Aurélien Ferreira / CD31

Les pratiques d’Ekaterina Bunits, Pierre Fauret et Gilivanka Kedzior se répondent dans une dynamique sensible et conceptuelle.

Ekaterina Bunits explore les notions d’espace-temps et de perception à travers la photographie, l’installation et la performance. Son travail s’attarde sur les états transitoires, révélés par la lumière et par une attention particulière portée à la durée de la contemplation. Face à ses œuvres, le regard s’ajuste, ralentit, se déplace.

Pierre Fauret développe une œuvre pluridisciplinaire mêlant sculpture, dessin et installation. Son univers, nourri de fables et d’une forme de comédie subtile, brouille les frontières entre humain et animal. À travers des figures hybrides et polysémiques, il questionne l’identité, la métamorphose et la relation à l’autre.

Gilivanka Kedzior inscrit quant à elle sa pratique dans le champ de la performance, de l’installation et de la photographie. Son travail engage le corps comme outil de résistance symbolique et de réparation. En mobilisant des récits personnels et collectifs, elle interroge la mémoire, le temps et la place du spectateur dans l’œuvre.

Crédit : Aurélien Ferreira / CD31

Au-delà des rencontres performatives, l’exposition sera ponctuée d’événements spécifiques, dont une participation à la Nuit des musées. Des visites commentées seront également proposées, notamment en langue des signes française (LSF), affirmant la volonté de la galerie 3.1 de rendre l’art contemporain accessible à un public élargi.

En proposant une exposition qui évolue dans le temps et s’enrichit des interactions avec ses visiteurs, la galerie confirme son engagement en faveur de formes artistiques expérimentales. Au moment voulu ne se contente pas de montrer des œuvres : elle met en scène leur transformation et invite chacun à faire l’expérience d’un art en mouvement.